On se l'est bien caillé toute la nuit, mais contre toute attente, on a eu notre eau chaude! On ne s'est pas franchement attardé dans cette bourgade de santa Maria, vraiment aucun intérêt, bien qu'on soit involontairement resté un peu plus qu'on l'aurait souhaité, 10000 habitants, mais on a pas mal tourné en rond avant de trouver la sortie!
La route 40 n'avait pas fini de nous jouer des tours... Alors qu'on avait décidé de couper le trajet en passant par un col pour rejoindre un parc national, et se détendre les gambettes, après 30 km du dernier embranchement, route barrée. Fermée. 250km de détour pour aller visiter ce fichu parc.... On a laissé tomber, pour se rapprocher de córdoba. On est un peu pris par le temps. C'est encore une organisation à la pipette et molette. On a un avion demain aprem de córdoba pour retourner à salta, a 1000 bornes de là, logique. Du coup, j'ai un peu forcé sur la route, pas de ma faute, la gol avait sorti les ailes. Ça n'a pas loupé, on a encore mis des points marée chaussée, vraiment, on peut dire que nos relations avec les gendarmes, carabinieros, et autres policiers sont décidément excellentes. Et puis je ne pensais pas dire ça un jour, mais je remercie l'administration française. Le numéro de permis de conduire français ne rentre pas dans les cases des PV argentins, on a échappé à la prune, encore une fois. J'ai pris mon air le plus navré, naïf et idiot. 123 au lieu de 110 ( mais 120 autorisé m'ont ils dit...???), je ne le referai plus, promis, juré.
Nuit à la cumbre, changement complet de paysage, des montagnettes, des fougères, des sapins, des arbres touffus, quelques palmiers, de l'herbe!! Plus de sable, plus de cactus, ni de broussailles. Un joli petit village, plutôt chicos, des énormes propriétés avec piscine, après les villages semi abandonnés en adobe, laissés aux vents et poussières, ça fait drôle, un petit air de Touquet! Super nuitée dans une auberge de jeunesse située dans une ancienne maison de maître avec parquet au sol et meubles en marquetterie, et puis molette s'est trouvé son chien, une saucisse blanche sur patte aux deux oreilles noires, grassouillette comme un cochon et le poil rêche! Il s'est bien pourléché des peux du saucisson au lama dont on s'est empiffré à l'apéro!
L'inconvénient de ces montagnes couvertes de végétations, c'est l'arrosage qui va avec. On a pris une jolie petite route de col, où on s'est retrouvé au beau milieu du brouillard, et quelques vaches sorties de leur enclos aussi. On a visité deux superbes estancias jésuites. Les jésuites de la région de córdoba étaient moins humanistes que leurs confrères d'iguazu: leurs églises, cloîtres etc on été construits par des esclaves directement importés d'Angola... Encore une victoire de missionnaires certainement. L'église est malgré tout magnifique, de style baroque, avec des panneaux peints représentant la passion du christ de l'école de Cuzco.
On est arrivé tout pile pour prendre l'avion et retourner de là où on vient, salta. Demain matin tôt, on prend LE train hebdomadaire qui nous mènera aux nuages, à travers la puna, des ponts et des viaducs vertigineux, qui défient les lois de la gavité... Mal des montagnes s'abstenir!
440km en 18h... Lever de soleil sur la plaine fertile autour de salta avant de rentrer dans la quebrada del toro, puis d'attaquer les 3000m de grimpette. La fin du voyage ( enfin, avant de faire demi tour!), un viaduc à 4200m d'altitude. Hyper impressionnant, on a l'impression d'être dans le vide, ou d'être dans avec Harry Potter dans le poudlard express! A la petite pause, c'est l'effervescence. Des andins habitants des montagnes alentours ont déployé un mini marché artisanal. Ils ont 20 minutes pour faire leur chiffre d'affaire. Les enfants qui vendent des stylos ou qui posent pour quelques pesos avec cabri ou lama ont tout compris: ils ont l'air implorant. Les plus petits le sont vraiment, ils semblent fondre en larme à chaque instant, cette agitation, ces touristes bruyants et étrangers doivent être une agression pour eux. On achète quand même deux bricoles à une petite fille de 5 ans, elle ne sait pas quoi faire dans 20 pesos que je lui ai donné. On déteste ces situations gênantes avec molette. Ok, c'est samedi, il n'y a pas école, c'est comme aider ses parents au marché. En achetant, on les aide à se sortir de leur misère, ou au contraire, on cautionne le système, et on contribue à les enfermer dans ce cercle vicieux? Quelqu'un aurait il une réponse définitive?
On est sorti du train à 23h30, après un coucher de soleil mémorable sur la puña. On va direct au terminal de bus: a 00h45, on a notre bus de nuit ( enfin on arrive quand même 14h plus tard!) qui nous ramène à córdoba... Une affaire rondement menée, encore une!