Dernières nuits en argentine, déjà... Encore un pays qu'on a pas vraiment envie de quitter, tellement d'endroits à visiter, tellement immense!
Notre dernière étape, Mendoza et ses domaines viticoles au pied des Andes. Encore un bon bout de chemin à parcourir. Dernière balade dans les sierras, avec une vue panoramique a couper le souffle de la vallée en contrebas, la vue semble infinie. Un condor, qui cherche les courants ascendants, décrit des cercles juste devant nous, on en a jamais vu de si près. Ça laisse sans voix. Les villages disséminés sont charmants, la végétation change du tout au tout de l'un à l'autre. Une fois tropicale, avec abondance de fleurs, puis quasi sans transition, on se retrouve dans un paysage aride, on passe d'arbres à feuilles caduques totalement chauves, à des feuillages persistants de toutes les nuances de vert. On finit même par traverser une palmeraie avec des drôles de palmiers tout rond!
On n'arrivera que le soir a Lujan de Cuyo, au fur et à mesure qu'on se rapproche des Andes, le soleil disparaît rapidement derrière les sommets, se détachant sombres comme des ombres chinoises bordées d'une frange incandescente alors que les nuages deviennent guimauve. Puis la nuit. Recherche de notre lodge au milieu des vignes. Dans la gelée matinale, on profite du lever de soleil. Le volcan fumant se colore en rose, les montagnes s'allument petit à petit, tandis que le soleil monte dans le ciel.
On est dans LA région viticole d'Argentine, la plus réputée, la plus étendue. Les propriétés n'ont rien à voir avec les petits vignobles familiaux de Cafayate. C'est la grosse cavalerie. Pour rentrer, il faut montrer patte blanche. Premier vignoble, on a pas réservé, bien évidement. Le gardien refuse de nous laisser rentrer. On fait un scandale, ça marche toujours ici, et le plot orange est retiré de notre chemin. Petit bout de chemin dans les vignes et on arrive devant la propriété. Gros problème d'ego apparemment, c'est une réplique de temple maya, dont on ne comprend ni vraiment la présence, ni la portée symbolique ou significative qui est planté face aux Andes. Freud aurait certainement une explication convaincante. C'est rutilant, doré, acajouté, le personnel s'exprime dans un anglais parfait, on a honte du t notre, de notre accoutrement de routardes à court de vêtements mettables. Ici, c'est calibré pour les riches touristes américains. D'ailleurs, un groupe de brésiliens fait son entrée, c'est un festival de perles, cachemires et incontournables sacs Vuitton. On nous met dans un petit coin, on déguste notre nectar sans demander notre reste. Le vin est excellent, et il peut l'être! 110€ ou $ selon le taux de change officiel ou officieux... En haut de la pyramide, vue incroyable! Deuxième vignoble, deuxième bâtiment imposant, ils n'ont pas lésiné sur l'architecture non plus. On s'octroie une petite pause lunch bien méritée: on a la terrasse pour nous toutes seules... Une visite guidée l'après midi chez luigi Bosca, et on craque... On achète 2 bouteilles...les vins sont vraiment excellents, et tellement différents de ceux faits en France! La chair humaine est faible!
Dernière nuit, on s'est fait plaisir, on la passe dans un winelodge avec piscine (inutile vue la fraîcheur), Spa, on termine en beauté cette dernière journée par la dégustation des crus de la maison! Journée oenoliquement chargée, c'est surtout le lendemain qu'on l'a senti.
Visite éclair de Mendoza, ses avenues bordées de platanes dorés, ses places vertes, le glouglou de ses canaux, son parc, immense, avec lac, monument à la gloire du libertador san Martin ( pas forcément du meilleur goût!), puis dernière parrilla... Ça tombe bien, c'est un buffet, on leur dégomme l'asado de tira! Sieste digestive en vue dans l'avion...
On termine enfin notre grande œuvre commencée il y a plus de 2 mois: les cartes postales, achetées et écrites à Puerto Williams (approx J4), les timbres difficilement achetés à Corrientes (approx J50), trop grands, on ne peut les coller directement sur les cartes, et enfin, les enveloppes trouvées chez le papetier du coin et laissées aux bons soins de la réception de l'hôtel. Elle n'arriveront jamais.