On peut désormais affirmer fermement: on a passé 4 jours à Saõ Paulo, sans avoir à déplorer la moindre perte, bricole, ou autre vol, braquage, agression, molestage. On s'est senti safe, mais la réalité est tout de même moins reluisante...
Déjà, on a retrouvé ma copine Renata, une Paulista pure souche, ça a bien facilité! Elle et Rafael, son copain, sont d'une gentillesse et d'une hospitalité qui pourrait limité prendre celle d'un slave en défaut, c'est dire...
La ville n'est pas vraiment belle, ni photogénique, mais on a trouvé à bien s'occuper malgré tout. On a commencé par se familiariser avec le quartier de la Paulista et des Jardins. On s'est tout de suite senti dans notre élément. La Paulista, c'est une large avenue avec quelques parcs tropicaux, petits, mais qui apportent une véritable bouffée de fraîcheur, des sportifs sur les trottoirs, qui se mélangent aux hommes d'affaire de tout poil, et des hautes business towers. Juste au sud, il y a de petits immeubles d'habitation, aux jardins amoureusement entretenus par les nombreux personnels de maison, des maisons qui habitent boutiques de designers locaux, petits bars et restos qui assurent un bourdonnement permanent, et puis surtout un bal incessant de voitures, que les voituriers emmènent, ramènent... Ici, n'importe quel resto a son service de voiturier. Ça va me faire tout drôle quand je vais essayer de laisser les clés de ma voiture devant le parking de mercy, pour que le gardien me la gare! Ici, c'est normal. Même dans les parkings souterrains, tu laisses ta voiture à l'entrée, et on te la gare. Ça fait des emplois finlamement, et ça t'évite de bousiller toi même ton aile dans un poteau mal placé dans l'angle mort...
Ceux qui disent que les expos dans les musées de sampa sont médiocres se fourrent le doigt dans l'œil: une expo gratuite!! De yayoi Kusama, une artiste japonaise complètement barrée qui recouvre de tous de pois, on a aussi découvert à cette occasion qu'elle avait eu une période phalli fields... On s'est retrouvé aussi excité que des enfants à coller des gommettes partout dans une pièce, sur les murs, les mobiliers... Dans le MAsP, un nombre impressionnant de Modigliani et Toulouse lautrec, une expo au MAM sur le mouvement concretiste brésilien des années 50 ( dont je n'avais jamais entendu parler, je confesse!), une pinacothèque avec une expo sur le mouvement zéro ( Yves Klein et consorts) ou alors on a eu une chance particulière, ou les gens sont blasés....
Il y a plein de merveilles architecturales disséminées à travers la ville, des villas modernistes au coeur d'oasis de verdure, transformées en fondations, un monument signé Niemeyer, des bâtiments brutalistes, peu de témoignages du passé, seule subsiste une église jésuite qui date de la fondation de la ville ( il y a 5 siècles tout de même...)
On a retrouvé ma copine Renata, qui s'est occupé de nous, aussi bien qu'une mère! Elle nous a emmené dans ses endroits favoris, avec son copain, Rafael. Bien malin celui qui pourra lequel des deux est le plus adorable! Ça en deviendrait gênant... Elle nous a emmené manger le pire sandwich à la mortadelle au marché couvert: 10cm de tranches de mortadelle recouvert de fromage fondu, entre 2 mini tranches de pain, ils ont failli avoir la peau de nos coronaires! Pour le dimanche, après un brunch dans une petite villa aux murs en briques repeints de blanc, coincée entre 2 immeubles, direction un bar de samba qui donne envie de remuer ses parties les plus charnues, surtout après quelques caipirinhas aux fruits frais! Puis direction l'unique, le sky bar de l'hôtel du même nom. On s'est fait interdire une bonne partie de la terrasse, réservée par la FIFA... Effectivement, on a vu passer puis repasser Cafu, à côté de notre table, le capitaine de l'équipe championne de 2002, pour ceux à qui ça parle! Bonne soirée, début de semaine difficile!
Point transports: en pleine grève de métro, assez violente, la circulation était apparemment particulièrement fluide, nous, on a trouvé que Paris c'est bien pire, quelques ralentissements, mais pas de véritable bouchon, surtout que la ville on l'a traversé en long en large et en travers, et sao paulo ne fait pas tout à fait la surface de l'agglomération nancéienne par exemple! On a même réussi à prendre le métro, sans que ça vire à l'effusion de sang, comme un jour de grève RATP. Il y a un spectacle qu'on a particulièrement apprécié: c'est celui des helicos, le mieux, c'est de se mettre sur une rooftop terrasse pour mieux en profiter!
Point insécurité: on a évité de se retrouver dans des quartiers vraiment mal famés, mais le centre un dimanche par exemple, c'est ai éviter. Il y a des sdf partout, il y a des trottoirs ou sous des ponts, couverts de matelas et de couvertures, c'est vraiment impressionnant. A côté de ça, il y a des quartiers avec des maisons enoooormes, colonnades, megalo et compagnie, dont beaucoup à vendre. A cause des braquages à main Armée, quand tu rentres chez toi tranquilou au moment où tu ouvres ton portail. Du coup, la sécu est impressionnante. Des murs de 5m de haut avec le supplément barbelés ou clôture électrique, des miradors pour la sécu, armée jusqu'aux dents, portes blindées. Mis à part quelques promeneurs de chiens, les trottoirs sont quasi vides, ils ne se déplacent qu'en voiture. Paradoxalement, on ne se sent pas super safe, dans ses quartiers ultra sécurisés, on aurait vite fait de se faire confondre avec de dangereuses braqueuses, et je crains qu'on ne nous laisse pas le temps d'éclaircir le malentendu!
Sao Paulo, ville de contrastes, tentaculaire, définitivement à voir, pour cette ambiance unique, entre décontraction méditerranéenne, malls luxueux qui pourraient concurrencer ceux des émirats, ces quartiers aussi sécurisés qu'une base militaire, qui côtoient sans jamais se mélanger la plus extrême des pauvretés.